Le blues d’une jeune médecin généraliste

« Docteur, vous n’auriez pas quelque chose… »

Combien de fois par jour entendons-nous des phrases qui commencent par ces mots ?

Quelque chose pour…

–          Maigrir

–          Faire passer cette toux

–          Que ma grossesse ne soit plus gâchée par ces nausées

–          Que mon bébé fasse ses nuits

–          Que mon enfant soit plus calme

–          Que je puisse… aller travailler demain (j’ai une réunion, je ne peux pas me permettre d’être malade) …partir en WE vendredi (depuis le temps que je l’attends, je ne peux pas me permette de ne pas en profiter)

Quelque chose contre…

–          La fatigue

–          Les angoisses

–          Les insomnies

–          Les douleurs

–          Les boutons

–          Ce symptôme dont je souffre depuis 15 ans et pour lequel « on » a déjà tout essayé en vain

Quand c’est demandé comme ça vite fait en fin de consult, j’écoute, je prends quelques secondes de réflexion, et je réponds le plus souvent quelque chose comme « Je regrette mais malheureusement, je crains de ne pas avoir de remède miracle pour ce problème précis » et je ne montre pas à quel point ça m’énerve que quelqu’un puisse sérieusement imaginer que j’aie « un truc » pour ou contre ceci ou cela…

Quand c’est un motif de consultation à part entière, c’est plus problématique…

« Docteur ce n’est pas normal, je ne mange rien et je grossis, il doit forcément y avoir un problème, ça doit être hormonal… »

« Docteur, ce n’est pas normal, je suis fatiguée, épuisée, lessivée… Je me traine, je m’écouterais je ne ferais que dormir, je tombe de sommeil à 20h devant la télé, je me lève à 7h le lendemain, et je ne suis jamais reposée… »

« Docteur, ce n’est pas normal, je suis tout le temps malade, si je n’ai pas le nez qui coule je tousse, je suis bien 2 jours et j’enchaine sur une gastro, je n’en sors pas, je dois avoir une baisse de l’immunité… »

« Docteur, ce n’est pas normal, j’ai tout le temps mal au dos/au coude/aux épaules, alors que je fais juste mon ménage/un peu de bois/du jardinage… J’ai sûrement quelque chose de coincé/déplacé… »

Ces situations débouchent le plus souvent sur des demandes de biologie « complète », ou de radios « pour voir ce qui se passe ».

Souvent, je me demande comment nous en sommes arrivés là… Je doute que la génération de mes grands-parents (nés dans les années 1925) ait jamais consulté un médecin pour ce genre de motif… Ni pour la goutte au nez d’ailleurs… Je pense qu’à l’époque, on se mouchait (dans sa manche) et on continuait d’aller à l’école à vélo en jupe-chaussettes par moins 2°… Je ne dis pas que c’était mieux, hein, entendons-nous bien… Mais je me dis souvent que de nos jours, les parents devraient quand-même savoir gérer le rhume, la fièvre pendant quelques jours, le mal de ventre banal, et tous les petits symptômes qui émaillent le quotidien sans avoir à en référer au médecin dans la journée « pour être sûr(e) »… Mais je m’égare…

« Docteur, ce n’est pas normal… »

Mmmmmm, la normalité… C’est très surfait, sachez-le!…

Ceci dit, en temps « normal », j’essaye de répondre à ces plaintes (terme choisi sans connotation péjorative aucune, il me semble « normal » que les patients aient des plaintes, ils viennent rarement quand tout va bien…) ou tout au moins de les entendre.

Je le fais avec plus ou moins de disponibilité selon qu’elles se présentent en début ou en fin de consultation, et selon l’importance de mon retard. Genre la 3e consultation du jour alors que j’accuse déjà 30 minutes de retard, je ne suis pas over disponible… Et lorsqu’elles sont noyées dans un flot continu de viroses diverses et variées, que j’entends le téléphone qui continue de sonner alors que mon planning déborde déjà, que je suis préoccupée par ce questionnement récurrent : « mais où vais-je tous les caser ?? », j’avoue que je ne suis pas du tout au top de l’empathie…

Je me demande parfois ce qui se passerait si je disais à voix haute les mots qui me viennent spontanément à l’esprit, sans les passer par le filtre de la bienséance…

Aux gens fatigués qui dorment tout le temps, j’ai envie de dire qu’ils ont bien de la chance de pouvoir s’offrir ce luxe… Que ça fait 12 ans que j’ai fait une croix sur des nuits non morcelées et qui dureraient plus de 6 heures… Que s’ils se donnaient la peine de regarder un peu ma tronche, ils y repenseraient à 2 fois avant de se plaindre (terme choisi cette fois avec une connotation très péjorative et méprisante) d’être fatigués.

Aux gens angoissés, j’ai envie de dire que ça m’a pris 5 bonnes années de « sophro-thérapie » pour réussir à vivre avec les miennes, d’angoisses, en les ramenant à un niveau juste suffisamment tolérable pour faire face au quotidien sans bouffer plein de cachets…

Aux gens qui veulent maigrir, j’ai envie de dire que je n’ai vraiment aucune idée de la manière dont ils pourraient s’y prendre pour perdre du poids, parce que l’alimentation, le poids, touça touça, c’est plus une question d’émotions que de calories à mon humble avis. Ayant une amie qui souffre d’obésité, je sais le mal que peuvent faire les régimes de tous bords, donc non aux régimes, mais quoi d’autre, ben je n’en sais fichtre rien…

Aux gens qui n’arrivent pas à dormir, j’ai envie de dire que je suis moi-même embourbée jusqu’au cou dans le douloureux problème de l’endormissement avec mon ainée, âgée de 11 ans… Répéter encore et encore qu’il faudrait lâcher prise, laisser venir le sommeil tranquillement, ne pas se braquer quand ça ne marche pas, ne pas s’énerver parce qu’on ne dort pas, parce qu’on va être fatigué le lendemain, parce qu’on va être la seule à ne pas dormir dans une maison sombre et silencieuse… Et constater chaque soir que pisser dans un violon serait sans doute plus productif… J’ai envie de leur dire que je dois lutter chaque soir pour ne pas lui filer du toplexil ou de l’atarax, voire des granules qui lui laisseraient croire que sans médicament, point de salut… Je résiste à la facilité pour que dans 10 ans ce ne soit pas elle, de l’autre côté du bureau, qui vienne quémander un somnifère et un anxiolytique à un médecin qui aura plus vite fait de lui rédiger son ordonnance que de lui redire ce que sa mère a échoué à lui faire comprendre 10 ans plus tôt…

A tous j’ai envie de dire qu’il faut arrêter de croire que le médecin fait des miracles. Moi en tout cas je ne sais pas faire. Sinon, ça se saurait, et je serais riche, et je ne serais pas là avec eux à 20h passées au lieu d’être avec mes enfants…

Heureusement, j’ai encore assez de recul pour faire la part des choses, pour ne pas laisser mon vécu parasiter la consultation (car objectivement, tout le monde ne peut sans doute pas venir à bout de ses angoisses avec un peu de sophro…) Je sais que mon expérience très personnelle ne peut pas être transposée dans la vie de ce patient-là… Et que de lui balancer ma life ne résoudra pas son problème.

Juste que quand la première phrase qui me vient en tête quand on me dit : « j’ai le nez qui coule/ Je tousse/ Je ne dors pas/ Je fais des crises d’angoisse/ J’ai mal au dos et ça ne passe pas avec le Voltarène® » c’est « Et alors, qu’est-ce que tu veux que j’y fasse BORDAYL »… je me dis que je dois avoir un problème…

Je ne devrais sans doute pas être derrière ce bureau…

Et qu’est-ce que j’aimerais ne pas y être, d’ailleurs, derrière ce foutu bureau, à l’heure où les mamans m’amènent leur enfant qui «a eu mal au ventre cet après-midi à l’école mais bon là ça à l’air d’aller mieux, mais quand même je vous l’amène pour être sûre », cette heure où moi je ne peux pas être avec les miens, d’enfants, sachant que quand je rentrerais toutes seront déjà endormies… sauf celle qu’il faudra essayer de rassurer, de calmer, de consoler parce qu’elle n’y arrive pas, à dormir… alors que moi j’en aurais grand besoin, de dormir…

Mais n’est-il pas indécent de se sentir surmenée/dépassée/débordée quand on voit entre 20 et 25 patients par jour seulement?? Alors que de nombreux confrères en voient quotidiennement le double depuis des (dizaines d’) années (eux peuvent décemment prétendre au burn-out) Evidemment, mes 20-25 patients/jour, je les vois sur des « demi-journées » (je consulte par exemple de 14h à 19-20-21h selon le cas) donc ça fait quand même de grosses demi-journées… Mais je ne devrais pas me plaindre car j’ai 3 matinées sans consultations (visites, paperasses, repassage, formalités administratives, courriers, coups de téléphone…), je suis là 2 après-midi par semaine (RDV dentiste, ophtalmo, ORL, podologue, micro-kiné, activités des enfants…), et je mange le midi 3 jours par semaine avec les ¾ de mes enfants… Et, cherry on the cake, je gagne suffisamment bien ma vie pour que mon mari soit père au foyer, donc je suis déchargée de quasiment toutes les tâches ménagères et logistiques…

Je me sens vraiment petite nature à côté de « ceux qui bossent vraiment » comme dit mon associé… Et de celles qui assument un voire deux jobs ainsi que toute la responsabilité de la maison et des enfants…

Simplement, je crois que cela confirme mon sentiment de ne pas être à ma place dans ce métier tel qu’il doit être exercé aujourd’hui… Je ne sais pas comment font les autres, mais moi, clairement, je ne veux pas continuer à vivre comme cela…

Ce métier me vide petit à petit de mon énergie, de mon enthousiasme, de ma force vive. Ce métier m’isole et m’aliène. Ce métier que je croyais si beau… J’en découvre chaque jour le côté sombre, et je refuse de me perdre pour lui.

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53 réflexions au sujet de « Le blues d’une jeune médecin généraliste »

  1. Bonjour Kalindea,
    comme je te comprends …. pour ma part je ne suis pas médecin généraliste mais psychiatre en milieu hospitalier, jeune diplômée depuis 1 an….. et comment dire …. moi aussi je me pose de plus en plus la question d’une reconversion professionnelle. J’ai également l’impression de ne pas être à ma place, sentiment qui me hante depuis les études de médecine mais malgré tout j’ai toujours continué, espérant « un après « (externat puis internat…) plus serein où je serais enfin récompensé de tous mes efforts. Or, 1 an après la thèse, je ne vois pas arriver « cet après ». Je ne supporte plus le milieu hospitalier et rêve depuis longtemps de m’installer en libéral mais je suis remplie d’angoisses à l’idée de visser puis de devoir dévisser ma plaque.
    Les études de médecine m’ont épuisée émotionnellement et ma spécialité, pourtant choisie, continue à progressivement renforcer mon mal être. Il est vrai que nous sommes confrontés à de lourdes situations, tant de souffrances, parfois tant d’agressivité qui peuvent à la longue nous dévorer voire nous dégouter de notre métier. Et pourtant ce métier que je le respecte, que je le trouve beau mais je ne sais pas si je vais pouvoir tenir encore longtemps…
    Et comme toi je m’interroge sur une possible reconversion, mais laquelle ? Aurais je le courage de me lancer dans autre chose ? Comment ne pas regretter alors que l’on a fait 10 ans d’études et que l’on possède un métier valorisant, bien payé et qui ne connait pas le chômage. J’ai souvent l’impression d’être bloquée, trop angoissé à l’idée de me lancer dans le grand vide, dans une voie incertaine….
    Comment vas tu à présent et où en es tu de ton projet de reconversion ?
    Bien à toi

  2. Ping : La date est fixée… | Kalindéa

  3. Bonjour,

    Je suis une jeune généraliste installée depuis peu, une creation de cabinet. Les débuts se passent bien, l’activité croit progressivement. Je suis l’heureuse proprietaire d’une mignonne maison et j’ai rencontré l’année dernière l’homme le plus merveilleux pour moi….Mais de quoi se plaint elle ? Me direz-vous.
    Je sais…j’ai absolument tout pour etre heureuse, une profession valorisante, d’excellents retours de patient, je ne manque de rien, peux remplir mon frigo, peux partir en vacances etc etc…
    Sauf que je ne suis pas certaine du tout d’aimer ce que je fais…Je ne suis pas certaine d’avoir envie d’entendre tout ce qui m’est dit, de répondre à tout ce qu’on me demande. J’absorbe chaque jour un peu plus la lourdeur de certaines situations , ce que je m’etais pourtant promis de ne pas faire. Tout ca me mine…Ce n’est pas la première fois que je me pose ces questions. Pourtant j’ai continué dans ma voie jusqu’à m’installer. On pourrait penser que c’est le libéral qui me pèse mais j’ai détesté le fonctionnement de l’hopital, cette lenteur dans l’action, la lourdeur de ce gros buldozer qui avance au ralenti. Le pire aujourd’hui c’est le sentiment de culpabilité que génère le fait de ne pas être epanouie de ma situation professionnelle. Le sentiment de culpabilité que j’ai à rentrer triste, à pleurer souvent etc…Le sentiment encore plus grand de culpabilité que j’ai en ouvrant grand les yeux et en me disant : tu t’es planté ma grande, il faut que tu fasses autre chose… Mais quoi ? Comment ?
    Y a t il des medecins qui ont changé de voie, changé de vie ?

    • Bonjour, j’ai fini mon internat l’an passé. Et finalement depuis 6 mois, j’ai tout mis sur pause et j’ai pris un congé parental pour m’occuper de mes enfants. Je comprends tout à fait votre message. Si vous voulez en discuter, on peut poursuivre par mail. Bonne soirée.

      • Bonjour,
        Cela fait 10 ans que j exerce le médecine générale en zone sémi rurale. Je crois que depuis longtemps je me pose des questions sur le pourquoi je suis à cette place , qu est ce qui a fait que je suis devenue médecin. …. il paraît que je suis hyper empathique …. génial! Je m en passerai bien !!
        Je ne sais pas pq j ai fait médecine et en même temps je ne me vois pas faire autre chose ! Mais cela fait qqls années déjà que je me pose la question d’une réorientation …. difficile de changer de vie, à qui s adresser , par ou commencer , quel chemin prendre ??? 😕 difficile d emmener sa famille dans cette aventure alors que les choses sont plutôt confortables ( une belle maison , des projets de vacances…..)
        Au final je me sens actuellement dans la nécessité psychologique de dévisser ma plaque mais ne sais pas comment faire . Je suis tombée sur ce blog en tapant sur Google reconversion professionnelle…..quelqu’ un pourra peut être m aider à avancer…. Merci d avance.

      • Bonjour! Bienvenue sur le blog des médecins généralistes qui s’interrogent sur a suite de leur vie professionnelle!
        C’est difficile de « t’aider à avancer »… Tu peux déjà lire les commentaires à ce billet (et aux autres également) Certains lecteurs ont partagé leurs projets ou leur nouvelle orientation réussie…
        Tu peu aussi te tourner vers un coach en reconversion professionnelle (par exemple http://www.ithaquecoaching.com/)
        Pour ma part, je me demandais aussi comment j’étais arrivée en médecine, et pourquoi j’avais continué si longtemps sachant que ça ne me convenait pas… Un stage de psychogénéalogie m’a bien éclairée, et a été le déclic pour fixer la date de mon « déplaquage »
        Je te souhaite un beau chemin pour trouver ta place… N’hésite pas à donner de tes nouvelles ici ;-)

    • bonjour

      je suis très touchée par votre message car j’aurais pu l’écrire moi-même…A la différence près que mon installation ne se passe pas réellement bien, financièrement parlant. Je suis chirurgien-dentiste, j’exerce seule. J’ai choisi de me garder du temps pour ma vie familiale. Aux yeux des « gens » j’ai certainement tout pour être heureuse et rien pour me plaindre surtout. Et pourtant, depuis des années (dès que j’ai commencé mes études en fait…) je sais que je ne suis pas à ma place, que je n’aime pas ce métier…Je me suis entêtée comme vous. j’ai finalement choisi un mode d’exercice le plus en adéquation avec ce que je suis mais rien n’y fait. J’ai aussi ce sentiment de culpabilité dont vous parlez et cette envie de « faire autre chose mais quoi? »…des années d’études pour en arriver là…
      depuis peu ( et avec l’aide de ma psychologue…) j’ai décidé d’assumer plutôt que de vouloir tout changer. L’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs…je vous souhaite bon courage en tout cas.

  4. Bonjour,
    des années apres en tapant médecin reconversion sur Google je tombe sur ce blog
    Et depuis? On veut la suite de l expérience..
    Il y a 6 ans j ai tout laissé tombé, replaçante pendant les vacances scolaires avec deux jeunes enfants, pas jouable : revenus mini, prise de risque et fatigue maxi.
    Mais on vit ce sentiment d être inutile à la société, le décalage dans la vie de couple, l incrédulité  » après toutes ces études »..
    Développer de l empathie coûte mais n est pas monayable..j ai toujours cru avoir un problème de distance thérapeutique..au final ceux qui tiennent le mieux ont pour moteur leur revenus
    Bonne vie à tous et toutes qui ont appris ce métier pour soutenir et accompagner leurs semblables

  5. Bonjour. 3 ans après, quelle est votre reconversion ??? Je suis jeune médecin généraliste et je me pose bcp de questions et en fouillant sur le net, je suis tombée sur votre article…

    • Vous pouvez lire le reste du blog, qui répond à votre question ^_^
      J’ai mis en place des aménagements d’emploi du temps qui m’ont permis de reprendre mon souffle, et je me suis engagée dans un processus de formation… J’ai tâtonné au départ, et je pense avoir aujourd’hui trouvé ma voie dans la sophrologie. Par contre, j’ai du mal à dépasser mes peurs pour me lancer vraiment… Mais j’y travaille !
      Mon associé prend sa retraite dans quelques semaines, il a trouvé un successeur, une nouvelle ère commence donc pour moi… Je me laisse du temps, aujourd’hui je ne me sens plus dans l’urgence de dévisser ma plaque…
      N’hésitez pas à passer par ici donner des nouvelles :-)

  6. Bonjour, jeune medecin je me suis installé depuis 4 mois et me sent dans la même situation que vous! j’ai les mêmes interrogation . J’ai remplacé pendant 6 ans et déjà mon mal être état présent mais je pensais que c’était parce que les patients ne me correspondaient pas, maintenant que je suis leur médecin « officilel » c’est encore pire, ils ne veulent même pas voir le remplacant, ne comprennent pas quand votre enfant est malade ou que vous venez de perdre un proche!!
    Je me sens piégé par ce métier (rachat de part) et je n’aime plus ce que je fait,
    je souhaite me réorienté et suis tombé sur votre blog dans ma recherche de réorientation, avez vous réussi la votre? Existe t il des structures pour y aider?
    En vous remerciant

  7. bonjour,
    je suis tombé sur votre blog par moteur de recherche interposé. Je suis médecin aussi, mais hospitalier, et psychiatre de surcroit (mais je me fais soigner ;-) ), je n’ai apparemment donc rien à faire ici. Sauf que ce que vous décrivez très justement nous le vivons aussi.le sentiment d’inutilité de découragement qui vient parfois. Après des semaines de 48- 50 heures, avec des astreintes où un collègue vous fait venir en pleine nuit pour une urgence, en général une idée de suicide chez un type ivre, ou un état confusionnel chez une personne agée de 85 ans dont l’IRM cérébrale confirme les atteintes vasculaires multiples…Les consultations où la misère personnelle, affective, les maltraitances, les enfances brisées, les adolescences pénibles, les jeunesses calamiteuses, et les métiers absurdes dans des conditions de m…. brisent les gens. Vous reprendrez bien un petit antidépresseur? comme si le malheur était une maladie. Oui le discours des labos et des donneurs de leçons fait de tout malheur une maladie, un fait individuel et non plus collectif ou la solidarité le support social n’ont plus de place et le médecin est seul remede.
    et à 50 ans, on se retrouve avec plein de tranches de vies en tête, celles des autres, ses enfants ont grandi avec un père qui rentrait tard, parlait travail à la maison, les amis sont médecins, alors oui, si votre envie de ce métier n’est plus aussi vive, si les « taches à la con » vident de sens ce que vous faites, travaillez votre reconversion, et n’ayez aucun scrupule, on ne fait bien ce métier qu’avec un peu d’enthousiasme, et votre vie personnelle vaut autant que celle de vos patients, et vous n’êtes pas dupe du miraculeux pharmakon ! bon courage

    • Un grand merci pour votre commentaire qui m’a beaucoup touchée, à la fois par les encouragements au changement que vous m’adressez, et par les mots que vous mettez sur ce que je ressens.
      « comme si le malheur était une maladie. Oui le discours des labos et des donneurs de leçons fait de tout malheur une maladie, un fait individuel et non plus collectif ou la solidarité le support social n’ont plus de place et le médecin est seul remede »
      J’espère que, de votre côté, vous ne vous retournez pas sur votre vie avec amertume, mais que vous regardez en avant vers ce qui est à vivre maintenant, avec vos proches et pour vous-même.

  8. Ping : Conciliation vie privée / vie pro : Kalindéa témoigne | En Aparté

  9. J’arrive après la bataille mais ce post et ces commentaires me font un bien fou! Moi aussi 30 35h/semaine et quand je dépasse les 20 patients patients par jour je peux devenir irritable. Ce qui m’a fait vraiment du bien ces derniers ce sont vos blogs à toutes (et tous), de voir des jeunes médecins installés et se posant les mêmes questions que moi, se sentant montré du doigt à la fois par la société, parfois leur patient et parfois leurs collègues. Mais en vous lisant je me rends compte que si nous sommes plusieurs à ressentir la même chose c’est peut être que nous ferons -doucement- évoluer les choses!
    Alors merci (à vous, fluorette, farfadoc, docmam et j’en oublie!!).
    Et sinon pour ma part: course à pied et DU TCC ont bien apaisé mes tensions (et celles de mes enfants ;-)
    des bises

    • Merci pour ton commentaire :)
      C’est vrai que c’est bon de se sentir moins seule…
      Cependant, pour ma part, il est de plus en plus clair que je ne vais pas pouvoir continuer comme cela…
      A la période où j’ai écrit ce message, je pense vraiment que c’est l’épidémie de grippe particulièrement longue et virulente qui m’a mise au tapis. Depuis que ça s’est calmé, je revis!
      Mais j’ai pris conscience de façon aiguë que cette pression, ce volume de consultations, cette asphyxie devant une demande à laquelle je ne peux pas répondre, cela serait mon quotidien de façon inéluctable d’ici quelques années, hors épidémie… Vu la démographie locale, c’est forcé. Et ça, je en pourrais pas le supporter. J’ai accepté que ce métier tel que nous devons l’exercer actuellement est trop dur pour moi. Ce n’est pas facile de le reconnaitre, pour moi qui n’ai pas été élevée avec l’habitude de « m’écouter ». Je suis un bon petit soldat, normalement! Mais voilà, c’est un fait, je n’y arriverai pas.
      J’espère que les choses évolueront dans le bon sens grâce à des médecins comme toi, et beaucoup d’autres j’en suis sûre, et que vous pourrez pratiquer la médecine telle que vous l’entendez, en préservant la sphère privée et l’épanouissement personnel.
      Pour ma part, je me souhaite de réussir à concrétiser mon projet de reconversion!!

  10. Je suis remplaçante depuis 3ans, et ça m’énerve les gens qui consultent pour les rhumes J1, qui voudraient un miracle contre la fatigue / la chute des cheveux, etc… mais qui ne se respectent pas. Il faudrait une éducation de masse de la population (quand on est fatigué, on dort, quand on est malade on se repose, quand on a des troubles digestifs on se gave pas de frites et de chocolat), quand il fait 40° on ne va pas en plein soleil (vraies histoires de consultations) mais ce sont des conseils de bon sens qu’on devrait tous avoir reçus de notre famille. comme les enseignants qui se plaignent d’un manque d’éducation parentale des enfants.
    J’ai l’impression qu’on peut éduquer ses patients, comme Borée par exemple. et comme les autres l’ont dit, les gens qui consultent pour ‘fatigue’ sont souvent des gens qui ont un mal-être lié à la pression sociale (être toujours jeune, beau, efficace, productif, rentable), je me dis de plus en plus que les personnes consultent pour être écoutées avant tout (parfois un patient arrive en pleurs, avec une impression d’état de mal anxieux, et tu le revois 10 jours après avec le sourire, il n’a pas pris d’anxiolytique…).
    Je pense qu’il vaut mieux investir un peu en sophro et être heureux dans la vie que de demander toujours d’être remboursé de drogues et être malheureux. J’espère que quand je m’installerai je pourrai avoir des patients qui comprendront ma manière de voir les choses.
    Sinon, un mode d’exercice particulier pourrait être une solution pour éviter toutes ces consultations inutiles??
    Bon courage à toi!!!

    • Je te confirme que quand tu t’installeras, tes patients « te ressembleront »… Pas tout de suite, par contre… Et pas tous… Mais globalement, le tri se fait, j’en suis persuadée.
      Je suis sûre que tu le constates à chaque nouveau remplacement ;)

  11. Bonjour
    J’ai beaucoup aimé ce billet qui résume bien ce que vit un MG
    L’exercice d’un médecin généraliste libéral est la conséquence du marketing réalisé ces dernières années : vous avez le moindre soucis , aller consulter un médecin, il a une solution thérapeutique à vous proposer .
    Vous souffrez de quoique se soit : consulter , le médecin a une solution thérapeutique .
    Nous savons que c’est faux , mais que pouvons nous contre la publicité qui dit qu’aujourd’hui il n’est pas normal d’avoir le moindre soucis de santé ou tout simplement de « souffrir ».
    Vouloir expliquer les choses prends du temps et épuise. C’est pour cela que certains confrères qui travaillent beaucoup expliquent qu’ils ne se prennent plus la tête et qu’ils font ce qu’on leur demande de faire .
    C’est une façon d’exercer, ce n’est pas la mienne, ce n’est pas la tienne apparemment non plus.

    Comment faire pour pouvoir exercer sereinement?
    Comme certain l’on écrit : « les conseilleurs ne sont pas les payeurs » , tu es la seule à pouvoir trouver ton chemin.
    Mais pour cela il faut éviter l’influence néfaste « du monde qui nous entoure » .
    C’est pour cela qu’il faut suivre sa propre voie , mais pour cela il faut faire en sorte d’écouter  » la petite voix au fond de soi même » .

    Enfin, il faut se rappeler d’une chose qui était enseigné il y a bien longtemps : Nous n’avons aucune influence sur ce qui ne dépends pas de nous .
    Partant de se constat, pourquoi en souffrir alors ?

    Bien amicalement

    • « L’exercice d’un médecin généraliste libéral est la conséquence du marketing réalisé ces dernières années : vous avez le moindre soucis , aller consulter un médecin, il a une solution thérapeutique à vous proposer .
      Vous souffrez de quoique se soit : consulter , le médecin a une solution thérapeutique .
      Nous savons que c’est faux , mais que pouvons nous contre la publicité qui dit qu’aujourd’hui il n’est pas normal d’avoir le moindre soucis de santé ou tout simplement de « souffrir ». »

      Ouiiiiiiiii, voilà, c’est exactement ça, je n’aurais pas su dire mieux…
      Je crois que ce n’est pas aux patients que j’en veux, mais à ce système et à la place qu’il nous confère…

  12. Comme il est difficile de lire ses propres interrogations. Non, ce n’est pas indécent de vouloir travailler dans de bonnes conditions. Et oui, les gens consultent pour rien. Certes, Rouviere a raison, parfois ça cache autre chose mais malheureusement, bien souvent, ça ne cache rien, c’est juste de la consommation de soins.
    Le nombre d’actes par jour est une mauvaise mesure du travail. Tout comme le nombre de jours travaillés. Je fais 4 jours, ça fait au moins 48 heures par semaine, sans compter les paperasses ou les formations sur mes jours de repos. Et des gens qui travaillent 35h/sem viennent me faire la morale… Les chiffres sont une bien mauvaise mesure parfois.
    Ne te déconsidère pas. Crois en ton travail, en le bien qu’il fait. Ne délaisse pas ta famille pour autant, tu as raison, tu as de la chance, tu vois quand même tes enfants.
    Ne laisse pas ce système de paiement à l’acte et de culpabilisation globale des médecins te faire du mal.
    Bon courage

    • Merci Fluorette, je te lis depuis un moment déjà, et je me suis toujours beaucoup retrouvée aussi dans tes mots, tes questionnements, tes découragements… Je crois que nous avons des valeurs communes :)
      Serrons-nous les coudes, et savourons à leur juste valeur nos satisfactions, nos victoires petites ou grandes, les petites joies et grandes émotions qui jalonnent notre quotidien…
      Hauts les coeurs!

  13. Bonjour ,
    Ta réaction ne me semble pas anormale , quand on travaille beaucoup et que l’on veut donner le meilleur de soit même…. surtout quand on est jeune médecin .
    Les motifs de consultations peuvent parfois paraitre superflus et quand on débute on peut les traiter par le mépris , puis avec l’expérience on s’aperçoit que rien n’arrive vraiment par hasard et que les plaintes diverses et variées de la jeune mère de famille cachait un profond mal-être , de grave problème relationnels familiaux qu’elle ne veut pas aborder de front …
    Quelquefois , se poser la question : Pourquoi ce patient vient-il me voir pour rien , qu’est-ce que ça cache ?
    Ton humeur reflète une bonne évolution , et tu t’en sortiras grandie et plus compétente .
    Courage , ton « post » prouve que tu es un bon médecin et mérite de le rester

    Cordialement

    • Merci beaucoup… L’expérience est précieuse en effet, et aide sans doute à prendre le recul nécessaire pour tenir le coup… Ca viendra (ou pas, l’avenir nous le dira!)

  14. Il ressort de ton billet un profond mal-être :-( Visiblement tu n’es pas heureuse dans ce que tu fais. Que te dire? Déjà de ne surtout pas culpabiliser, et peut importe ceux que certains diront ou penseront, tu as le droit d’organiser ton temps comme tu le souhaite!
    Pour ce qui est des motifs de consultation, et dans les cas où la consultation ne te paraît pas justifiée, au lieu d’intérioriser tout ça, dis-leur (facile à dire je sais), ça ne plaira pas à certains mais d’autres au contraire seront rassurés pour une fois prochaine. N’oublie pas que souvent un motif en cache un autre. Et puis il y a des super FMC sur la communication, personnellement ça m’a vraiment permis de prendre du recul dans certaines situations.
    Tout ce que tu as écrit il me semble que je l’ai déjà ressenti et c’est en le partageant que j’ai réussi à un peu avancer, même si pour l’instant je n’ai pas passé le cap de l’installation. Alors continue à partager tes doutes, je suis certaine que tu es déjà sur le chemin vers la sérénité. Bisous

    • Tu as raison, après avoir posé tout ça et lu tous ces retours en écho, je me sens moins seule, moins incapable (de faire face à ce que je considère comme une pression que je devrais savoir gérer mieux que ça), moins anormale… Je me sens vraiment soulagée d’un poids, et je suis moins à cran en consultation… L’effet thérapeutique du blog!
      Pour le moment, j’ai trop besoin que les gens m’aiment (comme le dis tellement bien Farfadoc dans sa déclaration de conflits d’intérêts ) pour leur dire qu’ils auraient pu s’abstenir de venir… Je leur trouve des excuses « évidemment, vous ne pouvez pas voir dans son oreille, donc je comprends que vous ayez besoin que j’examine votre bébé »
      Bon, après, ceux que vraiment je n’aime pas, je commence à me permettre de leur faire sentir, et ça doit marcher car il y en a certains que je ne vois plus, huhuhu!
      Et pour ce qui est de ne pas culpabiliser de gérer son temps en essayant de préserver une large place à ma famille… Comment dire?? Il y a du boulot!
      Bisous à toi aussi, et merci <3

  15. Très chère Docteur, on a tous ces moments là de doutes qui vont jusqu’à se demander si on a vraiment fait le bon choix. Rassurez vous : on change au fur et à mesure de sa vie. Donc forcément les choix que Nous faisons à 20 ans : c’est un autre Nous (20 + 10) avons à assumer plus tard alors que Nous ne sommes plus tout à fait la même personne. Vous avez le droit d’avoir changé d’avis, de priorités, de vie et de voir comme des inconvénients ce qui naguère était un avantage. Et puis vous avez même le droit de vous être trompée, ce n’est pas irréversible, vous n’avez pas à subir. Si vraiment ça devient trop dûr : pourquoi ne pas changer ? et si jamais il vous reste ça et là, un peu de conviction un peu d’envie un peu d’intérêt, accrochez-vous à ces petites choses. Grande Fille de 11ans trouvera le sommeil, juste une remarque : le recours au médicament n’est pas un échec, plutôt un passage, même les petites granules, non ? Conservez votre blog :-) (n’écoutez pas les vilains trolls)

    • Je crois que j’ai toujours su que je n’étais pas vraiment à ma place, mais j’ai eu besoin d’aller jusqu’au bout. Je ne regrette rien, d’ailleurs, car tout ce parcours est réellement enrichissant, et m’a permis de mieux me connaitre, de découvrir ce qui me convient ou pas, et j’essaye d’en faire une force.
      Contrairement à ce que je dis souvent, j’aime ce métier, au fond (ou en tout cas ce que j’imagine qu’il pourrait être au prix de nombreux sacrifices et efforts que je ne suis pas sûre de vouloir faire) et j’aime les gens que je rencontre chaque jour. Je voudrais juste pouvoir les aider mieux. Mais pour ça, j’ai besoin d’outils que ma formation initiale ne m’a pas apportés, je vais donc aller les chercher ailleurs…
      Merci pour vos encouragements.

  16. Docteur, vous n’auriez pas quelque chose, pour ma consoeur, que je viens de lire… Juste pour lui redonner le sourire ?
    J’espère que si.
    En attendant, je me permets de te faire une bise.

  17. Je peux être honnête ? (Juste en étant arrivé ici via un lien posté sur twitter.) Je suis ravi de ne pas vous avoir comme médecin et je plains vos patients. Peut-être devriez-vous changer de carrière, vous orienter vers une profession avec moins de contact avec les autres ousans responsabilité aucune.

    • Je me permets…

      Oh, un troll ! Cette nauséabonde rançon du succès ! Cette bestiole mortifère qu’il faut savoir oblitérer sereinement, car sa gangrène se propage vite, vite, vite ; agissez avant que son pourrissement n’en attire d’autres !
      Docteur, amputez-moi ce fâcheux dérechef, car il empeste et dérange les commentateurs sincères et avisés.
      Sur ce, bonne journée !

      • Arf, tant que ça ne va pas plus loin que cela, ça ne me dérange pas, je ne m’attends pas à faire l’unanimité, et je suis ouverte à la critique. Evidemment, ça pourrait être plus constructif, mais bon!!

    • Huhu, si vous aviez lu avec un peu plus d’attention, vous auriez constaté que j’envisage effectivement de prendre un tournant professionnel, mais tout ceci ne se fait pas du jour au lendemain.
      Un médecin ayant souvent des patients qui lui ressemblent, je pense effectivement que nous aurions du mal à faire du bon travail ensemble.

  18. Un truc qui me traverse l’esprit, comme ça… Et si la demoiselle qui peine à s’endormir avait par ce biais trouvé le moyen de passer un peu (plus) de temps avec sa maman ?
    Sinon, c’est bon de savoir qu’un médecin est un être humain, avec toutes ses qualités et ses failles. Et si, de temps en temps, tous les médecins savaient dire « bordayl » ou « merdre » à leurs patients, je ne suis pas sûre que ces derniers s’en porteraient plus mal…

  19. Toutes ces questions que tu te poses sont saines, elles vont te faire évoluer. Tu as la flamme du bon médecin, ça se sent lorsqu on te lit. Il est normal que tu t essoufles parfois, et que rentrer tard / enfants couchés te pèse. 20-25 patients par demi journee c est deja beaucoup!!! Pour moi c est trop. Je faisais 25 à 40 /j avec qq records à 55… Depuis 10 ans j ai ralentis: que des rendez vous … 20 à 25 mais sur la journée… Debut 9:00 fin 19:00-19:30( parfous 21:00 quand grippe)- trouver l equilibre travail- famille- loisir… Chaque medecin est different, tu trouveras ta voie ou plutot TON equilibre, j en suis certain, tu as deja tant fait!

    • Je serais curieuse de savoir comment tu as fait en pratique pour réguler comme ça ton activité… Pour ma part, j’ai l’impression d’avoir mis le doigt dans un engrenage, et ça fait flipper… Je me dis que si au bout de 3 ans c’est comme ça (encore gérable mais tendu) comment je vais faire dans 5 ans? Ca me donne juste envie de me sauver en courant!
      Merci pour tes encouragements en tout cas, tes mots me touchent ^^

  20. Bon courage ! Et si je peux me permettre un petit commentaire de plus, il me semble qu’à 11 ans, un tel problème de sommeil mérite un peu plus que juste rassurer. Alors ce qui me vient en premier à l’esprit, à ajuster en fonction de ce que vous connaissez mieux que personne de votre fille :
    1. être sûre qu’il n’y a pas une « vraie » cause à cette anxiété (racket, peur d’un prof, de la cantine, d’un chien sur le chemin de l’école … tout est imaginable à cet âge !)
    2. lui expliquer ce que vous avez dit sur ce blog : que sa maman ne va pas bien, mais qu’elle travaille à résoudre le problème
    3. la changer d’école, d’activité extrascolaire … en fonction de ce qui semble générateur d’anxiété
    4. en désespoir de cause, voir avec un psychologue ?
    Encore bon courage !

    • Merci pour vos pistes et encouragements…
      Pour ma fille, elle est « comme ça » depuis toujours… Que ce soit depuis l’entrée en maternelle ou même avant…
      On a déjà essayé pas mal d’approches et je travaille dur à l’accueil des émotions et à une éducation respectueuse…
      Je ne suis pas encore décidée à consulter un psychologue, allez savoir pourquoi, mais sans doute y arriverons-nous un de ces jours…
      Au plaisir de lire vos commentaires lors de prochains billets :)

      • Consulter un psy pour des problèmes d’anxiété, c’est comme consulter un cardiologue pour un problème cardiaque ou un néphrologue pour un souci de rein.

        De la même façon que consulter un cardiologue pour un souci de valve qui fuit ou un neurologue pour une épilepsie ne signifie pas que tu abandonnes ton rôle de mère, consulter un psy pour un souci d’anxiété de ta fille ne signifie pas que tu es « moins mère » ni que tu abandonnes l’éducation de ta fille.

        Et ce qui marche chez toi ne marchera pas forcément sur ta fille.

      • J’ai une adresse, je n’hésiterai plus très longtemps si je sens que c’est le moment…
        Je passe mes journées à conseiller aux gens de consulter un psy, mais la démarche n’est pas si facile, nous avons tous des résistances à dépasser…

  21. J’aurais voulu te dire quelque chose qui te réconforte, mais je ne trouve pas les mots… ou peut-être que je n’en trouve pas d’autres que ceux de Farfadoc, et que les tiens…
    Alors je me contente de t’envoyer tout mon soutien, toutes mes pensées les plus affectueuses.
    Bonne soirée Kalindea.
    Gécé.

    • Merci à toi pour la douceur de tes mots, qui me vont droit au cœur…
      Il y a eu trop de trucs qui m’ont fait saturer: l’après Noël, ma fille, avoir touché du doigt ce que pourrait être ma vie si je faisais la formation dont je rêve… et puis surtout les épidémies je crois… m’a fait réaliser que tout ne vient pas de moi, que tous les médecins ont du mal à faire face à l’afflux de patients à cette période…
      Alors hauts les cœurs, continuons à (ne pas) combattre les virus, et soutenons-nous sur Twitter!
      Bisous!

  22. Tout d’abord bonne année. Je vous lis avec plaisir régulièrement, merci pour votre blog. Honnêtement, je ne sais pas comment vous pouvez tenir avec 20/25 visites par jour, alors le double…..
    Je suis en dernière année de formation de travailleur social (cesf, non pas l’école de ski, l’économie sociale et familiale…) en stage actuellement sur un poste de référent social RSA la journée et le matin, soir, nuit, PDGère d’une entreprise familiale de deux naines, un mari et un chat-gentil. Mon maximum de rendez vous lors des permanences est de 15 sur la journée et le soir, je saigne des yeux et des oreilles. Au vu du niveau de concentration nécessaire à une consult de médecin, je ne peux qu’être admirative!!
    « Mmmmmm, la normalité… C’est très surfait, sachez-le!… » Hahahahahahaa! Ca me parle tellement. beaucoup de monde cherche la « normalité »! Ne pas dépasser sous peine d’être mis au ban. Cette phrase m’a donné le sourire en tous cas :) Un peu d’humour.
    Je vous souhaite de vous trouver. J’ai vécu ce sentiment de pédaler à vide, d’imposture, de ne pas se sentir à sa place. Si vous le cherchez, le déclic viendra.
    Alors à bientôt pour un prochain artikeul! Bon wek end :)

    • Merci pour ce commentaire, et pour cette présentation de votre entreprise familiale, j’aime bien connaitre ceux qui me lisent ^^ Les entretiens dans votre domaine doivent être plutôt intenses et édifiant aussi, souvent… Je crois qu’aucun métier qui implique le contact avec « les gens » n’est facile… Il faut trouver un équilibre entre vie pro et perso pour rester efficace et disponible… Je nous souhaite à toutes les deux d’y arriver ^^

  23. On a vraiment envie de te dire : fuis et arrête le libéral . Mais les conseilleurs n’étant pas les payeurs… Bon courage pour trouver ta voie .

    • En fait, je ne quitterais le libéral pour rien au monde, travailler en équipe, ce n’est pas pour moi, et avoir une hiérarchie, comment dire????…. Par contre, si tout se passe comme je veux, il est possible que je dévisse ma plaque de MG d’ici 3 ans environ, pour en visser une autre, dont l’intitulé reste à inventer, mais qui me permettrait d’être beaucoup plus en accord avec moi-même… 3 ans, c’est à la fois si long et si court… J’espère juste réussir ce tournant… A suivre, donc ;)

  24. Non, il n’est pas indécent de se sentir fatiguée surmenée débordée quand on voit 20 ou 25 patients par jour. La charge de travail ne fait pas tout. Parfois 20 patients c’est pire que 40 sur la journée. 20 patients avec lesquels on s’implique et pour lesquels on réfléchit, contre 40 patients vus à la chaîne sans chercher plus loin que le motif qu’ils déposent devant nous en arrivant. Et même si on fait un boulot qui peut être génial, et qu’on a la chance d’avoir une sécurité de l’emploi et de gagner pas mal notre vie face à tous nos patients au smic ou au chômage, et ben c’est difficile. C’est émotionnellement usant, ça monopolise le cerveau, ça empêche parfois de dormir la nuit.
    Je travaille trois jours par semaine. Et si je devais faire plus, je craquerais en moins d’un mois. Et je prends des vacances, de plus en plus souvent. Alors si tu es une petite nature, je sais pas trop comment me qualifier!
    J’espère que tu trouveras un chemin qui te permette de trouver un équilibre durable pour la suite. Des bises.

    • Merci pour ton commentaire, j’avoue que ça me rassure de constater que je ne suis pas une tire au flanc, avec mon « mi-temps » de 30 heures de consultations /semaine!… C’est difficile de se situer… C’est là que les échanges entre confrères sont précieux, notamment grâce à Twitter et sur les blogs… Mais je me sens larguée, là non plus je n’arrive pas à suivre!! Je garde en tête ton analyse concernant l’investissement qu’on met (ou pas) dans chaque consultation et qui ne se mesure pas en nombre d’actes, je n’avais pas vraiment vu les choses sous cet angle, et ça me parle bien…
      Bisous!

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