La date est fixée…

Bientôt 4 ans que j’ai écrit ce billet: « Le blues d’une jeune médecin généraliste »

Et toujours la surprise de recevoir des commentaires de médecins qui se questionnent sur leur avenir professionnel… Apparemment, quand on tape « reconversion professionnelle », on arrive chez moi ^_^

Cela fait plus d’un an que je n’ai pas donné de nouvelles par ici, je saisis l’occasion (un nouveau commentaire) pour y remédier, d’autant que les choses avancent pour moi (enfin ^_^’)

J’en étais restée à l’arrivée prochaine du successeur de mon associé, la fin de ma formation sophro, et mon envie de profiter des avantages de ma situation d’installée…

L’associé est donc parti en retraite, et le successeur est arrivé. Avec lui, un élan d’enthousiasme, une convivialité toute nouvelle, la possibilité que tout évolue vers l’apaisement et le renouveau…

Mais ce bel élan ne fait pas le poids face à la réalité de mon exercice de la médecine générale au quotidien, de la nouvelle Convention que la DAM est gentiment venue me présenter (augmentation des tarifs, mais augmentation en parallèle des contraintes administratives, des contrôles statistiques, etc…), de la saison des épidémies qui chaque hiver, inlassablement, me remet face à l’absurdité de notre système de soins, à l’absence de volonté « politique » d’éduquer la population (à ne pas consulter quand ce n’est pas nécessaire)

Tout cela mis en parallèle avec l’exercice de la sophrologie que j’ai commencé à mettre en place pour mes patients : des séances longues (1h30), au cours desquelles on prend le temps de parler, de remettre en perspective les symptômes fonctionnels, de proposer des outils pratiques, simples, efficaces et non nocifs… Où le patient redevient « responsable » de sa santé (par opposition à ce que je ressens en médecine, où le patient vient m’apporter ses symptômes, s’en décharge, et attend de moi que je lui prescrive un médicament ou un examen complémentaire, pour régler son problème… son problème qui devient « mon problème »…)

Enfin bref, je ne vais pas revenir sur mes frustrations de médecin généraliste, que j’ai déjà largement développées ici, et qui n’engagent que moi ;-) (heureusement, tous les généralistes ne les partagent pas!)

Le point intéressant, c’est que j’ai enfin la confirmation d’avoir trouvé la place que je veux occuper, et ça c’est une bonne nouvelle !…

J’ai commencé à exercer la sophro en septembre, en me présentant comme « praticien en formation », à un tarif assez dérisoire, car je n’avais pas suffisamment confiance en moi pour me prétendre « sophrologue »… Je trouvais ça malhonnête de démarrer avec si peu d’expérience… Mais il fallait bien commencer par quelque chose !

J’ai eu la surprise de rencontrer tout de suite une forte demande… et de constater que les patients se fichaient bien de savoir que j’étais encore en formation : ils avaient confiance en moi en tant que médecin, ils avaient confiance en moi en tant que sophrologue… et les résultats étaient là… Même si mes protocoles thérapeutiques étaient balbutiants, les patients revenaient, et me disaient combien les séances leur faisaient du bien…

Comme j’avais rajouté les séances sur mon temps libre, en plus de mon activité habituelle, je me suis rapidement retrouvée épuisée, dépassée, et paradoxalement découragée… Je ne pourrai pas continuer d’exercer les deux activités en parallèle… Du coup, je me suis vue laisser tomber la sophro et continuer la médecine… Pour des raisons « évidentes »: je ne pouvais pas gagner autant en sophro qu’en médecine (or j’ai une maison à payer et un certain nombre d’enfants à nourrir et habiller!), je ne pouvais pas abandonner mes patients, je ne pouvais pas laisser tomber mon nouvel associé…

Et puis j’ai repris le chemin de la psychothérapie (en tant que patiente) et j’ai fait un stage de psychogénéalogie… et le déclic a eu lieu… la décision s’est presque imposée…

J’ai donc fixé la date de mon « déplaquage », que j’ai annoncée à mon associé, et voilà… la machine est lancée…

Je vais chercher un local où j’exercerai seule, en tant que sophrologue. Je prendrai des gardes et quelques remplacements pour des raisons financières évidentes, jusqu’à ce que j’arrive à rééquilibrer notre « train de vie » à mes revenus…

Pour le moment, j’ai l’impression que tout ça est irréel, que ça ne va pas VRAIMENT se passer…

Les prochains mois vont sans doute m’ancrer dans le concret : le préavis pour le bail, prévenir les patients et les confrères (et assumer les retours…), et toutes les formalités administratives dont je ne mesure sans doute même pas encore l’ampleur (j’en profite pour lancer un appel: si vous étiez installé, que vous avez dévissé votre plaque pour reprendre des remplacements, et que vous avez des conseils à me donner… n’hésitez pas! En commentaires, par mail (kalindea »at »gmail.com), ou sut Twitter (@kalindea)

Présentement, j’oscille joyeusement entre :

« Yeaaah, enfin, je vais vivre MA vie, et faire ce dont je rêve depuis si longtemps »

Et :

« Je suis inconsciente, je vais droit dans le mur, je rejette une situation sûre et confortable pour une chimère, qu’est-ce qui me prend? »

Mais bon… La machine est lancée… Je suis intimement persuadée d’être dans le vrai, dans l’écoute de mes besoins vitaux et le respect de moi-même… Partant de là, il faut que je vive cette expérience, et si d’aventure ça ne marche pas, il sera toujours temps de se reposer les bonnes questions, et de faire de nouveaux choix…

L’avenir m’appartient, à moi d’en tirer le meilleur !

Je vous souhaite à tous une belle année 2017, réalisez vos rêves, devenez celui/celle que vous êtes ;-))

 

 

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