Coming-out

Je n’ai pas écrit ici depuis fort longtemps…
Les choses bougent beaucoup pour moi, et j’ai du mal à en parler.

Dans la vraie vie comme dans celle-ci !

J’ai commencé une formation depuis novembre. J’en parlais ici sans entrer dans les détails… J’ai envie de le faire aujourd’hui.

 
La formation que j’ai choisie, celle qui me faisait vibrer depuis des mois, c’est une formation de Praticien en Énergétique.

En disant ça, j’ai vraiment l’impression de faire un coming-out !

Je suis quelqu’un de très cartésien à la base, issu d’un milieu familial scientifique, évoluant dans une profession on ne peut plus « sérieuse »… Alors comment en suis-je arrivée à m’intéresser au soin « non conventionnel » ?

A vrai dire, c’est la vie qui m’a guidée… Les rencontres, les échanges, les « hasards »…

Le fait est que j’ai toujours été attirée par « une autre façon de soigner ».
Je me suis sentie un peu extra-terrestre durant toutes mes études…

Je ne me retrouvais pas dans ce qu’on nous apprenait, la manière dont on nous l’apprenait… Prendre en compte le patient dans sa globalité? On nous en parlait tout le temps, mais j’avais l’impression que ce n’était jamais le cas, finalement…
J’ai choisi la médecine générale pour pouvoir appréhender le patient dans cette fameuse globalité. C’était un choix délibéré.
Mon stage chez le praticien, je l’ai fait chez un médecin généraliste acupuncteur et homéopathe. Par choix également.
J’ai toujours été attirée par la possibilité de pouvoir soigner sans médicaments.
J’avais un temps envisagé de faire une formation en homéopathie dès mon internat, pour pouvoir ensuite faire des remplacements de généralistes homéopathes. Mais bon, c’était trop cher, et puis j’ai été enceinte, j’ai eu d’autre priorités…
J’ai commencé ma « sophro-thérapie » après la naissance de ma 1ère fille… Sur les conseils d’une homéopathe (j’en avais parlé ici).
Par la suite, avec l’expérience des remplacements en médecine générale, j’ai vite réalisé que les patients avaient un grand besoin de parler. Et d’être écoutés. Et que ce dont je bénéficiais à travers ma thérapie, ils en auraient sans doute besoin aussi !

J’ai alors voulu me former à l’écoute (je ne me voyais pas sophrologue… La parole me semblait une approche suffisante).

J’ai fait un stage d’initiation à l‘Approche Centrée sur la Personne selon Carl Rogers. Une révélation ! Moi qui croyais savoir écouter, je tombais de haut !
Cependant, avec l’envie de devenir psychothérapeute, je ressentais le besoin de me former à une autre approche ; avec plus d’outils pratiques, pour pouvoir guider le patient de façon plus active que dans l’ACP.
C’est à cette période que j’ai découvert l’école que je fréquente actuellement, et qui propose une approche holistique basée sur 4 piliers : la relation d’aide, la sophrologie, les massages et l’énergétique.

 
A la base, j’étais vraiment partie sur la relation d’aide.
Et puis les patients eux-mêmes m’ont fait découvrir la microkiné.

C’est drôle comme parfois on a l’impression que « l’Univers » s’amuse à enfoncer le clou pour s’assurer qu’on a bien eu le message !
En l’espace d’un mois, plusieurs patients, ma secrétaire et ma sage-femme me racontaient cette méthode un peu bizarre aux résultats étonnants.

Parmi les femmes que j’ai côtoyées lors de ma période « forum de maternage », beaucoup étaient portées sur la kinésiologie, le reiki, les fleurs de Bach et autres élixirs floraux…

J’ai beaucoup lu leurs discussions, sans trop y participer. Au début on trouve ça loufoque. Et puis quand on s’y intéresse, on se rend compte à quel point ça a du sens, au contraire.
Le point commun à toutes ces approches, c’est leur action au niveau émotionnel. Repérer et soigner les cicatrices émotionnelles, au niveau énergétique.
Peut-être plus tard j’expliciterai plus précisément le concept, que je ne maitrise pas encore vraiment, et qui est un peu difficile à accepter pour un esprit cartésien, mais vraiment ça me parlait trop pour que je l’ignore.
Et de fil en aiguille, j’ai participé à une journée d’initiation, qui m’a confirmé que c’était tout à fait ce que je voulais faire : rester dans le soin, mais à un autre niveau.

Et me voilà donc lancée dans cette aventure !

Alors, je ne dis pas que tout est simple, que tout coule de source : j’ai encore beaucoup de mal à me projeter en tant qu’énergéticienne… J’ai peur de perdre toute crédibilité… Utiliser les couleurs, les sons, les cristaux… Ressentir l’aura des organes… Travailler sur les chakras… C’est juste une autre dimension pour moi !

Du coup, je n’exclue pas de me former également en relation d’aide pour avoir une image et une approche plus conventionnelles, et pouvoir travailler sur plusieurs niveaux… Mais c’est un gros boulot, vraiment. Le contenu théorique est quand même très lourd, que ce soit sur la tradition chinoise ou indo-tibétaine… Alors rajouter la relation d’aide à cela, je ne sais pas si c’est très raisonnable…

Pour le moment, j’avance doucement, on verra bien par la suite…

J’ai longtemps hésité à parler de ce projet… Sans doute avec la même crainte de perdre ma crédibilité, de passer pour une apprentie charlatanologue.

J’ai bien lu ce billet de PerrucheEnAutomne.

Et des remarques et moqueries sur Twitter j’en lis tout le temps (sur l’homéo, la lune, les patients qui ont des « croyances bizarres », les naturopathes…)

Mais bon…

Après tout chacun son opinion…
Je pense néanmoins qu’on critique et qu’on moque parfois un peu trop facilement ce qu’on ne connaît pas, ce qu’on ne comprend pas… Chacun gagnerait sans doute à élargir son point de vue…

De mon côté, je ne remets pas du tout en cause l’approche conventionnelle, je continue d’ailleurs de pratiquer une médecine générale on ne peut plus classique.
Cependant, je crois qu’on est tous confrontés au quotidien aux limites de ce que la faculté nous apprend.

Les malaises inexpliqués, les symptômes fonctionnels sans gravité mais à fort retentissement pour le patient, les enchaînements troublants de pathologies diverses sans liens apparents…

Je suis sollicitée quotidiennement pour ce genre de situations.

J’essaye de rassurer : « Non, je ne sais pas exactement ce que vous avez, mais je sais que ce n’est pas grave, donc on ne va rien faire de plus »
C’est une attitude respectable.
Mais c’est difficile à accepter.
Pour tout le monde.

Pour le patient qui reste avec ses symptômes parfois invalidants (« mais docteur, parfois je perds connaissance… si ça m’arrivait au volant…. ») et pour le médecin qui se trouve impuissant (« je sais bien, mais tous les bilans sont normaux, il faut attendre de voir comment ça va évoluer…. »)
Je pense que c’est très sain d’accepter ses limites, et de (re)prendre conscience que le médecin n’est pas en mesure de soulager tous les maux.

Mais notre vision de la santé est tout de même très étriquée, quand on la met en perspective avec d’autres traditions, d’autres cultures… Personnellement, je trouve l’approche énergétique très cohérente.

Avoir une réflexion sur le corps et l’âme, dans leurs différents plans et sous-plans… C’est passionnant.

Travailler sur l’idée que tout ne s’explique pas au niveau cellulaire, moléculaire…

Que nous sommes mus par des centres d’énergie, qui peuvent être en état de faiblesse ou au contraire de plénitude, avec des retentissements somatiques ou psychologiques.

Que les troubles fonctionnels ne sont pas que « psycho »somatiques… Que ce n’est pas « dans la tête que ça se passe ». Que c’est une histoire de déséquilibre plus global…

Par exemple, les cystites à répétition… Ce n’est pas « normal », on ne sait pas pourquoi le patient n’arrive pas à s’en débarrasser, on sait que le bombarder d’antibiotiques n’est pas satisfaisant et a des répercussions qui ne sont pas anodines, mais on ne sait pas faire autrement… Et on ne peut pas dire que « c’est dans la tête que ça se passe », il ne va pas aller chez le psy pour ça…

Alors on fait quoi?

L’approche énergétique est-elle un leurre pour nous donner l’impression qu’on peut tout expliquer et tout soigner ? Peut-être… Ou pas… Dans ma formation, ce n’est pas ce qu’on m’apprend en tout cas. On n’est pas des apprentis magiciens, on n’apprend à duper les gens…On nous enseigne une approche diagnostique et thérapeutique, complémentaire de la médecine conventionnelle (l’idée étant d’intervenir avant que les troubles ne soient installés au niveau cellulaire)

Le hic, c’est que ça manque clairement d’études, d’évaluations, d’objectivité… Mais est-ce qu’on peut vraiment tout étudier, évaluer, de façon objective?
Comme dans tous les domaines, je pense qu’il y a des abus, des praticiens qui sont plus intéressés par le profit que par le service rendu au patient…

Mais je pense qu’il y a aussi des gens très sérieux, qui ont une vraie compétence, et qui ne doivent pas être mis dans le même panier que les charlatans de tous bords…

 
Et j’espère être de ceux-là…